Funeste départ

On égrainait ma vie avec hâte, 
Je les apercevais alors en contre-plongée.
Voilà le chêne qui sera bientôt bien enfoui 
Qu’allait-on faire de ma carcasse?
Moi qui gisais près d’un linceul apprêté

A l’orée de ma vie,
S’entassaient mes mensonges,
Il y’avait de la gloire dans leur récit 
À l’autre bout c’était le mystère du non vivant
L’heure du bilan était là,
Elle émerveillait l’assistance,
Une assise à la clairière à palabre,
Le chêne enfouissait ses racines à chaque mensonge,
On égrainait ma vie avec hâte, 
Je les apercevais alors en contre-plongée.
Voilà le chêne qui sera bientôt bien enfoui 
Qu’allait-on faire de ma carcasse?
Moi qui gisais près d’un linceul apprêté
Comme si on attendait impatiemment la sentence, 
Mes mensonges se racontaient,
L’eau était si claire,
La clairière dévisageait l’assistance.
On pouvait désormais voir les mirages s’effacer 
Du haut de ma lévitation j’observais,
La petitesse s’incarnait, se personnifiait.
Une Gora insolite,
Cet agrégat fascinant
Comme l’effet d’une drogue hallucinogène
Mon esprit latent s’étonnait de la clameur de ce bal,
Il bourdonne d’aise à la parole.
Je sentais consumer mes mémoires.
Ce doux parfum ensevelissait mes proches,
La lumière m’appelait, le chemin final.
Mais j’étais curieux d’entendre le vrai,
De voir sincère joie, comme je n’en avais jamais connu.
Je venais de me détacher de cette chair, 
Et dans la béatitude supposé,
Il n’y avait que trouble et aigreur. 
Que pouvais-je?
Je m’éteignais et pour la joie était incandescente,
Si proche et pourtant si loin.
Loin des civilités que me réservait ma stature d’antan,
L’opulence n’avait de bien que l’ornement de ces sourires furieux.
De ces contrés où l’admiration et le mauvais œil se côtoient,
Où posséder rend coupable de talisman.
Pourtant on s’empresse de faire le requiem,
De m’entourer dans de beaux draps,
J’étais dans de beaux draps.
Sur le chemin des champs funéraires,
Les messes basses parlent de ma valeur pécuniaire.
La terre sera légère, bientôt mes poches aussi,
Pendant que je me dirige vers la lumière,
Je laisse ce beau monde avec l’exaltation de l’éphémère…

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